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Sénégal : La visite annoncée de Macky Sall à Dakar ravive la blessure des familles de victimes

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À l’approche d’un tête-à-tête prévu entre l’actuel chef de l’État Bassirou Diomaye Faye et son prédécesseur, les collectifs de victimes et les organisations de défense des droits de l’homme crient à la trahison.

En cause : le soutien potentiel du Sénégal à la candidature de l’ancien président pour un poste de premier plan aux Nations Unies. C’est un retour qui ne passe pas.

L’ancien président sénégalais Macky Sall est attendu à Dakar ce vendredi. Officiellement, ce déplacement vise à solliciter l’appui diplomatique de son successeur, Bassirou Diomaye Faye, pour briguer le poste de secrétaire général de l’ONU. Si ses partisans au sein du Réseau des universitaires républicains (RUR) perçoivent cette démarche comme un acte de haute posture républicaine, une large frange de la société civile et des proches de victimes y voit une provocation inacceptable.

Les promesses de justice face à la réalité diplomatique

Lors de son accession au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye avait érigé le dossier des violences politiques commises entre 2021 et 2024 en priorité absolue. Or, deux ans après son élection, le bilan s’avère particulièrement mince pour les familles touchées : les procédures judiciaires sont au point mort et les mesures de réparation restent largement insuffisantes.

Pour les collectifs de victimes, voir l’ancien chef de l’État reçu avec les honneurs à la présidence est un signal dévastateur. Boubacar Seye, figure de proue de l’un de ces mouvements, dénonce une diplomatie qui s’exerce au détriment du devoir de mémoire : « Les familles sont toujours en deuil, de nombreux blessés souffrent encore de séquelles physiques et les anciens détenus attendent toujours réparation. On ne peut pas balayer cette souffrance sous le tapis pour des enjeux internationaux. »

Un bilan sur les droits de l’homme jugé incompatible avec l’ONU

La colère dépasse le cercle des familles et s’étend aux organisations internationales. Seydi Gassama, directeur d’Amnesty International au Sénégal, rappelle que sa structure accompagne de nombreuses familles dans l’espoir d’obtenir justice pour les dizaines de personnes ayant perdu la vie lors de la répression des manifestations. Selon lui, la trajectoire politique récente de l’ex-président disqualifie d’office sa candidature internationale :

Période : 2021 – 2024

Violences recensées: Plus de 67 morts signalés lors des manifestations politiques

État des procédures: Aucun procès ouvert à ce jour, indemnisations très partielles

Pour le responsable d’Amnesty, l’intensité de la répression observée ces dernières années est inédite dans l’histoire contemporaine du pays, rendant inconcevable le parrainage de Macky Sall par l’État sénégalais pour diriger les Nations Unies.

Malaise et divisions au sein de la mouvance présidentielle

Face à la polémique naissante, le palais présidentiel et le parti au pouvoir (Pastef) ont choisi de s’enfermer dans le mutisme.

Ce silence contraste fortement avec la réaction des alliés de la première heure. Le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (Frapp), mouvement social historiquement proche de l’actuelle majorité, est monté au créneau à travers un communiqué au ton particulièrement ferme.

Le mouvement rappelle une ironie de l’histoire : le président Bassirou Diomaye Faye a lui-même subi la rigueur des geôles sous l’administration précédente. Pour le Frapp, formaliser un quelconque soutien à l’ambition internationale de Macky Sall avant que la justice sénégalaise ne se prononce sur les dérives du passé constituerait un reniement majeur des engagements pris devant le peuple.

beninnews.bj, l’information autrement.

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