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Comment Jules Rimet a remporté le pari impossible : la naissance de la toute première Coupe du monde (Ep 2)

Pendant sept longues années, Jules Rimet n’a cessé de défendre un projet que beaucoup jugeaient irréalisable : créer une compétition mondiale de football indépendante des Jeux olympiques.

Le 26 mai 1928, le Congrès de la FIFA à Amsterdam adopte officiellement le projet de création de la Coupe du monde.

À chaque congrès de la FIFA, il essuie les mêmes critiques. Les dirigeants estiment que le monde n’est pas prêt. Les voyages sont trop longs, les coûts trop élevés et les fédérations peu enthousiastes à l’idée d’envoyer leurs joueurs à l’autre bout du monde.

Pourtant, le Français refuse d’abandonner.

Le vote qui a changé l’histoire

Le 26 mai 1928, à Amsterdam, aux Pays-Bas, se tenait le congrès annuel de la FIFA.

Après plusieurs années de débats, Jules Rimet présente une nouvelle fois son projet devant les représentants des fédérations nationales.

Cette fois, les mentalités ont évolué.

À l’issue des discussions, la FIFA adopte officiellement le principe de la création d’une Coupe du monde de football, organisée tous les quatre ans sous son autorité.

Pour Jules Rimet, c’est une victoire immense. Mais il est loin d’avoir gagné la guerre.

Car une question cruciale reste sans réponse : quel pays acceptera d’organiser cette première édition ?

Pourquoi l’Uruguay est choisi

À la surprise générale, ce n’est ni la France, ni l’Angleterre, ni l’Italie qui est retenue.

C’est l’Uruguay.

Ce choix repose sur plusieurs raisons.

Le pays vient de remporter les tournois olympiques de football de 1924 à Paris et de 1928 à Amsterdam. Il est alors considéré comme la meilleure nation du monde.

Construit spécialement pour le         centenaire de l'indépendance de       l'Uruguay, l'Estadio Centenario devient le principal stade de la première Coupe du monde.

En 1930, l’Uruguay célèbre également le centenaire de son indépendance. Le gouvernement souhaite marquer cet anniversaire par un événement mondial.

Enfin, les autorités uruguayennes prennent un engagement exceptionnel : elles financeront la construction d’un immense stade, prendront en charge les frais d’hébergement des délégations et rembourseront les coûts de transport des équipes participantes.

Aucun autre pays candidat ne propose des conditions aussi avantageuses.

La FIFA valide donc officiellement l’organisation de la première Coupe du monde en Uruguay.

Un voyage qui fait peur à toute l’Europe

Aujourd’hui, quelques heures d’avion suffisent pour traverser l’océan Atlantique.

En 1930, la réalité était toute autre.

Pour rejoindre Montevideo, les équipes européennes devaient embarquer sur un paquebot pendant près de deux semaines, sans possibilité de rentrer rapidement en cas de problème.

Les joueurs devraient s’absenter longtemps de leur travail, car le professionnalisme était encore peu développé.

Beaucoup de fédérations considèrent cette expédition comme beaucoup trop coûteuse et risquée.

Le grand boycott européen

À quelques mois du tournoi, la catastrophe semble se profiler.

L’Angleterre refuse toujours de participer, en raison de ses désaccords avec la FIFA.

L’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas, la Hongrie, la Tchécoslovaquie et plusieurs autres nations déclinent également l’invitation.

Jules Rimet comprend que son rêve risque de s’effondrer avant même le coup d’envoi.

Sans les grandes équipes européennes, cette première Coupe du monde pourrait perdre toute crédibilité.

Jules Rimet prend son bâton de pèlerin

Plutôt que de céder au découragement, le président de la FIFA décide d’agir lui-même.

Il multiplie les rencontres avec les dirigeants européens.

Il téléphone, écrit des lettres, négocie sans relâche et tente de convaincre les fédérations les plus hésitantes.

Ses efforts finissent par porter leurs fruits.

Quatre sélections européennes acceptent finalement de relever le défi :

  • La France ;
  • La Belgique ;
  • La Roumanie ;
  • La Yougoslavie.

Leur décision sauve littéralement la première Coupe du monde.

Le voyage du siècle

Le 21 juin 1930, les délégations européennes embarquent à bord du célèbre paquebot italien Conte Verde.

À son bord se trouvaient les joueurs, les arbitres… mais aussi Jules Rimet lui-même.

Le Conte Verde transporte Jules Rimet, le trophée et plusieurs équipes        européennes vers Montevideo en juin    1930.

Et surtout, un objet qui ne quitte jamais sa surveillance : le tout premier trophée de la Coupe du monde.

Pendant la traversée, les joueurs continuaient de s’entraîner sur le pont du navire malgré le manque d’espace et les mouvements de la mer.

Après plusieurs escales, notamment à Barcelone et à Rio de Janeiro, le bateau atteint enfin Montevideo au début du mois de juillet.

Une Coupe du monde avec seulement treize pays

Le tournoi débute le 13 juillet 1930.

Au total, 13 nations participent à cette première édition :

  • Uruguay ;
  • Argentine ;
  • Chili ;
  • Brésil ;
  • Bolivie ;
  • Paraguay ;
  • Pérou ;
  • États-Unis ;
  • Mexique ;
  • Belgique ;
  • France ;
  • Roumanie ;
  • Yougoslavie.

Contrairement aux éditions actuelles, il n’y a pas de phase de qualification.

Toutes les équipes sont invitées directement.

Le premier but de l’histoire

Le 13 juillet 1930, au stade Pocitos de Montevideo, la France affronte le Mexique.

Le Français Lucien Laurent inscrit, le 13 juillet 1930, le tout premier but    de l'histoire de la Coupe du monde.

À la 19ᵉ minute, l’attaquant français Lucien Laurent inscrit le premier but de toute l’histoire de la Coupe du monde.

Sans le savoir, il entre définitivement dans la légende du football.

Un rêve devenu réalité

Lorsque Jules Rimet assiste au coup d’envoi de cette première Coupe du monde, il mesure le chemin parcouru.

Sept années de négociations.

Des centaines de réunions.

Des milliers de kilomètres parcourus.

D’innombrables refus.

Et pourtant…

Le tournoi dont tout le monde disait qu’il était impossible existe enfin.

Le rêve de Jules Rimet devient enfin   réalité avec le lancement de la        première Coupe du monde de football.

Mais personne n’imaginait encore que cette première édition allait se terminer par une finale électrique, dans une ambiance presque insurrectionnelle, entre deux voisins d’Amérique du Sud.

Une finale qui marquera définitivement l’histoire du football mondial.

À suivre…

Dans l’épisode 3, découvrez le récit incroyable de la finale Uruguay–Argentine de 1930, les tensions qui ont failli faire annuler le match, les menaces de mort adressées à l’arbitre, le choix du ballon après un désaccord entre les deux équipes, la remise du premier trophée par Jules Rimet et les premières polémiques de la Coupe du monde.

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