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Procès pour déstabilisation au Mali : les révélations explosives de l’ex-patron des renseignements à la barre

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Devant la cour d’appel de Bamako, le procès pour « tentative de complot contre l’État » prend une tournure politique majeure. Appelé à s’expliquer, le colonel Kassoum Goïta, ancien chef de la Sécurité d’État, a rejeté les accusations et livré un témoignage accablant sur les coulisses du pouvoir militaire.

Le climat était particulièrement lourd ce mercredi lors de la deuxième journée d’audience à Bamako. Poursuivi aux côtés de cinq autres prévenus tous réputés proches de l’ancien président de transition Bah N’Daw, renversé en mai 2021, le colonel Kassoum Goïta (sans lien de parenté avec le chef de la junte, Assimi Goïta) a choisi l’offensive pour assurer sa défense.

Pour l’ex-patron du renseignement malien, sa présence dans le box des accusés n’a rien à voir avec un quelconque projet de coup d’État. Elle s’expliquerait par les secrets d’État compromettants dont il a eu connaissance durant ses fonctions, secrets qui auraient motivé son arrestation extrajudiciaire et sa détention.Comptes offshore et confiscation du pouvoir : les accusations de l’ex-chef de la Sécurité d’État

Devant les juges, l’officier supérieur a détaillé les frictions majeures qui ont opposé l’ancien président Bah N’Daw aux militaires putschistes avant le second coup de force de mai 2021 : Détournements de fonds publics : Le colonel Kassoum Goïta a affirmé que des capitaux datant de la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) auraient été discrètement transférés vers des comptes offshore par des membres de la junte, avec la complicité du ministre de l’Économie, Alousséni Sanou.

Bien qu’aucun montant précis n’ait été articulé à la barre, l’accusé a soutenu que Bah N’Daw avait exigé, sans succès, la restitution de ces fonds au Trésor public. Agenda caché de la junte : L’ancien patron des renseignements a également soutenu qu’un plan secret visant à perpétuer le pouvoir militaire au-delà des délais initialement annoncés avait été conçu très tôt.

Le refus de Bah N’Daw de cautionner cette prolongation indéfinie aurait scellé son éviction. Pour rappel, la transition malienne entame aujourd’hui sa sixième année.

L’ombre de la torture et des vices de procédure

Au-delà des révélations politiques, les débats ont mis en lumière les conditions de détention particulièrement sévères des accusés. Malgré les tentatives du procureur général pour écourter ces déclarations, les prévenus ont dénoncé les violences physiques subies durant leur arrestation.L’homme d’affaires Sandi Ahmed Saloum, co-accusé dans ce dossier, a livré un témoignage cru sur les sévices corporels et les mutilations subis en détention, appuyé par des clichés photographiques versés au dossier d’instruction.

Un témoin clé aux abonnés Absents alors que le procès aborde sa troisième journée ce jeudi avec l’audition attendue de Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la présidence, une ombre plane sur l’échafaudage de l’accusation. L’unique témoin à charge un militaire sur les déclarations duquel repose l’intégralité du dossier de complot brille par son absence depuis l’ouverture des débats.

Bien que la cour dispose des prérogatives légales pour contraindre ce témoin clé à comparaître, les plaidoiries de la défense, du parquet et de l’État doivent s’ouvrir prochainement dans une atmosphère de vive tension politique.

beninnews.bj, l’information autrement.

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