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Nouveau Code de la route au Bénin : Hervé Hèhomey pose les conditions d’une réforme efficace

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Ancien ministre des Infrastructures et des Transports, le député a mis son expertise au service du débat parlementaire, en insistant sur les exigences réglementaires, humaines et matérielles indispensables à l’efficacité du nouveau texte.

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Le vote du nouveau Code de la route à l’Assemblée nationale, le lundi 26 octobre 2026, a été l’occasion pour Hervé Hèhomey de livrer une lecture technique des enjeux de cette réforme. L’ancien ministre des Infrastructures et des Transports a salué l’aboutissement d’un processus engagé depuis plusieurs années, tout en rappelant que l’adoption de la loi ne constitue que le début du travail.

Pour le député, la modernisation du cadre juridique s’imposait face à l’évolution du réseau routier béninois. Il a rappelé que le pays dispose de plus de 3 000 kilomètres de routes asphaltées, auxquels s’ajoutent quelque 18 000 kilomètres de routes en terre et de pistes rurales. À cela s’ajoutent la croissance continue du parc automobile et la présence importante de poids lourds. Autant de réalités qui rendent nécessaire une réglementation adaptée aux nouvelles exigences de circulation. « Une route sûre est une route qui ne tue pas », a déclaré Hervé Hèhomey devant ses collègues. Pour lui, la qualité des infrastructures ne suffit plus : il faut désormais faire de la réduction des accidents une priorité. Il a également rappelé l’objectif évoqué au cours des débats de diminuer de 50 % le taux d’accidents à l’horizon 2030.

Hervé Hèhomey dans son domaine de prédilection

Ayant dirigé le ministère des Infrastructures et des Transports à deux reprises sous le président Patrice Talon, Hervé Hèhomey connaît les réalités administratives et opérationnelles de ce secteur. Son intervention a ainsi dépassé la seule appréciation du texte pour aborder les conditions concrètes de son application. « Une loi n’a de force que si elle est applicable », a-t-il insisté, invitant le gouvernement à prendre dans les meilleurs délais les décrets et arrêtés nécessaires. Plusieurs dispositions du nouveau Code renvoient en effet à ces textes complémentaires, indispensables à leur mise en œuvre.

Le député a également plaidé pour la formation et le recyclage des agents du Centre national de sécurité routière (CNSR), de l’Agence nationale des transports terrestres (ANaTT), des moniteurs d’auto-écoles et des forces de sécurité publique. À ses yeux, les usagers doivent eux aussi être informés des nouvelles règles, notamment les piétons, les motocyclistes et les usagers des transports en commun.

Des moyens pour éviter une loi sans effet

En plus de la formation, Hervé Hèhomey a souligné la nécessité de doter les structures de contrôle et les forces de sécurité des équipements adéquats. « Si les agents chargés de contrôler l’application de ce code n’ont pas les moyens nécessaires sur le terrain, cette loi restera lettre morte », a-t-il averti.

Il a enfin appelé à mettre en place des mécanismes de financement durables pour soutenir la prévention, la sensibilisation, les contrôles et la répression. Son intervention se résume à une conviction : les accidents ne sont pas une fatalité. « La majorité des accidents est prévisible et évitable », a-t-il rappelé.

Pour l’ancien ministre, le véritable succès de cette réforme se jugera donc sur le terrain : dans l’application effective des nouvelles règles, l’évolution des comportements et la capacité des pouvoirs publics à mieux protéger les vies humaines. Lire ci-dessous l’intégralité de son intervention 👇

« Monsieur le Président,

Chers collègues,

C’est en toute responsabilité que nous nous apprêtons à poser un acte historique. Nous allons doter notre pays d’une véritable loi portant Code de la route, en remplacement de l’arrêté général : un texte colonial qui, jusqu’à l’heure où je vous parle, constitue la référence en matière de circulation routière.

Je voudrais, d’entrée de jeu, féliciter le gouvernement pour l’aboutissement de ce texte dont les premières moutures datent de plus de cinq ans.

Monsieur le Président,
Chers collègues,

Il était temps. Après 70 ans, il était grand temps de moderniser la législation et la réglementation de la circulation routière. Au cours de la décennie passée, notre pays a réalisé plus de 3 000 kilomètres de routes asphaltées. Je ne parle même pas des 18 000 kilomètres de routes en terre et de pistes rurales. Le tout, face à un parc de véhicules en croissance constante et comprenant une forte proportion de poids lourds.

Dans un tel contexte, il est évident que l’arrêté général de 1956 n’était plus adapté.
Aujourd’hui, la qualité de l’infrastructure n’est plus un facteur de risque. On peut affirmer sans rougir que nous disposons de routes de qualité. Mais il nous faut désormais des routes sûres. Une route sûre est une route qui ne tue pas. Une route sûre est une route sur laquelle le taux d’accidents est drastiquement réduit.

Notre objectif à l’horizon 2030 est d’ailleurs de diminuer de 50 % ce taux d’accidents. Les statistiques ont été rappelées tout à l’heure par notre rapporteur, et la vocation de notre pays, à la fois plateforme logistique et destination touristique, exige des voies totalement sécurisées.

Le Code de la route est indissociable de la problématique globale de la sécurité routière. Aborder l’un revient à traiter l’autre. Cela m’amène d’ailleurs à évoquer la stratégie nationale de sécurité routière.

Chers collègues, l’article 15 de notre Constitution confère à tout individu le droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne. À ce titre, l’État est le garant de la sécurité routière des personnes et des biens. C’est pourquoi, chers collègues, nous devons voter ce texte afin d’offrir au gouvernement un cadre juridique moderne. Plus qu’une simple question de santé publique — bien que j’aie entendu certains collègues utiliser cette expression ici —, la sécurité routière est un enjeu de développement. Son caractère transversal implique une pluralité d’acteurs : la justice, la santé, la sécurité, les assurances, les transports, ainsi que de nombreux intervenants indirects.

Ce code présente des innovations majeures, mais une loi n’a de force que si elle est applicable. C’est pourquoi j’invite avec insistance le gouvernement à prendre, dans les meilleurs délais, les textes d’application nécessaires à la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions.

Beaucoup d’articles de la loi que nous nous apprêtons à voter renvoient à des décrets ou à des arrêtés ; il faudrait que le gouvernement fasse en sorte que nous disposions très rapidement de ces textes.
L’autre condition d’applicabilité de ce nouveau code réside dans la formation et le recyclage des divers acteurs de la chaîne de sécurité routière, notamment les agents du CNSR, de l’ANATT, les moniteurs d’auto-écoles et les forces de sécurité publique. Il est tout aussi crucial de vulgariser ces nouvelles dispositions auprès des usagers de la route. Ce sont eux les premières victimes des accidents de la circulation : les piétons, les motocyclistes, les usagers des transports en commun, ou encore de simples passants qui n’ont parfois rien à voir avec l’événement.
Enfin, au regard des exigences techniques de la loi, il est indispensable de doter nos forces de sécurité publique et le CNSR de matériels et d’équipements adéquats. Si les agents chargés de contrôler l’application de ce code n’ont pas les moyens nécessaires sur le terrain, cette loi restera lettre morte.

Chers collègues, la majorité des accidents est prévisible et évitable. Par l’introduction de cette loi, le gouvernement a déjà démontré sa volonté politique. Reste maintenant la question du financement durable. Il convient de mettre en place des mécanismes financiers pérennes pour assurer la continuité des actions de prévention, de sensibilisation, de contrôle et de répression.

Je vous remercie. »

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