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Interruption volontaire de grossesse au Bénin : une étude met en lumière les défis de l’accès aux soins

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Un atelier de présentation et de validation des résultats d’une étude sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) s’est tenu jeudi 20 août 2026 à Cotonou. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet PASS-SR, porté par Jeunes Volontaires pour la Santé (JVS), avec une subvention d’AmplifyChange et un appui technique du Centre ODAS. La mise en œuvre de l’analyse du cadre légal, réglementaire et déontologique existant sur l’IVG au Bénin est assurée par Arayaa Santé et Medical Students for Choice (MSFC), chapitre de Cotonou.

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L’objectif n’était pas seulement de présenter un rapport. Il s’agissait surtout de confronter ses conclusions aux réalités vécues sur le terrain, de recueillir les observations des différentes parties prenantes et d’identifier les recommandations pouvant servir de base à de futures actions de plaidoyer.

Le Bénin dispose depuis plusieurs années d’un cadre légal qui encadre l’accès à l’IVG. La loi n°2021-12 du 20 décembre 2021 a modifié et complété la loi de 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction. Elle a ensuite été précisée par le décret n°2023-151 du 19 avril 2023, qui fixe notamment les conditions d’interruption volontaire de grossesse, les acteurs concernés, les structures habilitées, la question de l’objection de conscience, le consentement et les tarifs.

Mais entre les textes et leur application, des difficultés subsistent.

Présentée par la chargée de programmes Arayaa Santé, l’étude a cherché à comprendre dans quelle mesure le cadre existant est réellement appliqué dans les formations sanitaires. Elle s’est notamment intéressée aux pratiques des prestataires, au parcours des femmes qui recherchent ces soins et aux obstacles qu’elles peuvent rencontrer.

Pour le consultant chargé de l’étude, le travail constitue en quelque sorte une cartographie de la mise en œuvre de la politique d’IVG au Bénin. Il explique que l’analyse a porté aussi bien sur la formulation de la politique que sur les acteurs impliqués, les pratiques professionnelles et les difficultés observées dans l’accès aux soins.

L’argent, l’objection de conscience et les pratiques professionnelles

Parmi les principales difficultés relevées figure le coût des soins. Selon les résultats présentés, l’argent constitue aujourd’hui l’une des barrières les plus importantes pour les femmes qui recherchent ces services. L’absence d’une grille tarifaire harmonisée sur l’ensemble du territoire peut également entraîner des différences dans les montants demandés.

L’étude s’intéresse aussi à l’objection de conscience. Lorsqu’un prestataire refuse de pratiquer une IVG pour des raisons personnelles ou morales, le cadre réglementaire prévoit le référencement de la patiente vers un autre prestataire. Mais, dans la pratique, les mécanismes permettant de garantir ce référencement doivent encore être mieux précisés et appliqués.

Le consultant recommande ainsi la mise en place d’un dispositif permettant de mieux suivre le parcours des patientes, tout en respectant leur confidentialité. Il préconise également une note circulaire clarifiant les obligations des prestataires qui invoquent l’objection de conscience.

La formation des professionnels apparaît également comme une piste importante. Le consultant estime nécessaire de renforcer les actions de clarification des valeurs et de formation, notamment auprès des sages-femmes et des autres personnels susceptibles d’être les premiers interlocuteurs des femmes dans les formations sanitaires.

Des recommandations pour passer du constat à l’action

Les échanges de Cotonou ont permis d’identifier plusieurs axes de plaidoyer. Les acteurs souhaitent notamment contribuer à réduire les perceptions et discours négatifs autour de l’IVG, soutenir la mise à jour des directives nationales sur l’avortement sécurisé en référence aux recommandations de l’OMS, clarifier la question de l’objection de conscience et plaider pour une tarification plus harmonisée et accessible.

L’étude propose également de réexaminer certaines dispositions du cadre légal, notamment celles relatives aux délais d’accès à l’IVG, afin d’apprécier leur cohérence avec les recommandations internationales.

Pour Tansi Koba, chargé de projet à JVS, l’atelier doit permettre d’obtenir « une vue plus claire et plus globale » de l’état de mise en œuvre du cadre légal depuis sa modification en 2021.

Au terme des échanges, les participants doivent donc parvenir à une version consolidée du rapport, mais surtout à des recommandations précises : quels problèmes traiter en priorité, quels acteurs doivent agir et selon quel calendrier.

L’enjeu affiché par les organisateurs est désormais de transformer les constats de l’étude en actions concrètes pour améliorer l’accès effectif et sécurisé aux soins de santé reproductive au Bénin.

Abbas T.

beninnews.bj, l’information autrement.

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