(Il réaffirme son engagement pour la sécurité alimentaire et l’autonomisation des femmes)

Célébrée le vendredi 16 octobre 2026 à Covè, dans le département du Zou, la 46ᵉ Journée mondiale de l’alimentation a été l’occasion pour le Programme alimentaire mondial (PAM) de mettre en lumière son engagement en faveur de la sécurité alimentaire et de l’autonomisation des femmes rurales. Conduite par son représentant résident, Ali Ouattara, une forte délégation de l’institution a pris part aux manifestations, marquées notamment par la présence de coopératives féminines soutenues dans le cadre des interventions du PAM en faveur des cantines scolaires.

Au cœur de la célébration, la nécessité de faire des innovations agricoles un levier concret de lutte contre la faim, tout en améliorant les conditions de vie des femmes et des hommes qui contribuent quotidiennement à la production et à la transformation des aliments.
Prenant la parole au nom du système des Nations Unies au Bénin et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Aminatou Sar a rappelé que la faim n’est pas une fatalité. Pour elle, les connaissances et les techniques disponibles permettent déjà de produire suffisamment. Le véritable défi consiste aussi à garantir aux populations l’accès à une alimentation saine et nutritive, tout en assurant aux producteurs des moyens de subsistance décents.
Aminatou Sar, Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Bénin
La représentante des Nations Unies a notamment souligné qu’en 2025, quelque 645 millions de personnes souffraient encore de la faim dans le monde, tandis que près d’une personne sur trois ne disposait pas des moyens nécessaires pour s’alimenter sainement. Des chiffres qui, selon le message porté à Covè, appellent à une mobilisation collective des pouvoirs publics, des partenaires techniques et financiers, du secteur privé et des communautés.
Au Bénin, Aminatou Sar a insisté sur la nécessité de construire des systèmes agroalimentaires capables de résister aux effets du changement climatique, de préserver les moyens de subsistance des producteurs et d’offrir davantage de débouchés aux produits locaux. Elle a plaidé pour le passage à l’échelle des solutions qui ont déjà fait leurs preuves, grâce à des investissements adaptés, à l’accès au financement, aux équipements, à la formation et aux marchés.
L’accent a particulièrement été mis sur la place des femmes dans les chaînes de valeur agricoles. « Les agricultrices ne sont pas seulement bénéficiaires des innovations, elles en sont aussi des actrices, des entrepreneures et des détentrices de savoirs indispensables », a fait valoir Aminatou Sar. Une déclaration qui souligne l’importance de reconnaître les compétences des femmes rurales et de leur donner les moyens de développer leurs activités.
La représentante a également évoqué les inégalités persistantes dans l’accès à la terre, au crédit, à la formation et aux innovations agricoles. Au Bénin, a-t-elle indiqué, seules 10,4 % des agricultrices disposent d’un accès direct et sécurisé à la propriété foncière, tandis que le revenu moyen des exploitations dirigées par des femmes est inférieur de moitié à celui des exploitations dirigées par des hommes.
Face à ces disparités, elle a appelé à des actions concrètes en faveur de l’autonomisation économique des femmes, notamment par un meilleur accès au financement rural, aux technologies adaptées et à des chaînes de valeur plus équitables. Elle a aussi réaffirmé l’engagement du système des Nations Unies, dont le PAM, à soutenir les initiatives qui renforcent les capacités productives des femmes.
Les coopératives féminines, un relais de la production locale
Cette orientation trouvait un écho particulier dans l’espace d’exposition aménagé pour la célébration. Sur les différents stands consacrés aux productions agricoles et aux produits transformés, plusieurs coopératives de femmes bénéficiant de l’appui du PAM étaient présentes pour faire découvrir leur savoir-faire.
Ces organisations féminines bénéficient de l’accompagnement du PAM dans le cadre de ses interventions en faveur des cantines scolaires. Leur présence aux côtés des autres exposants a permis de mettre en valeur les productions locales et le savoir-faire des femmes rurales, tout en soulignant l’importance de soutenir leurs activités pour renforcer durablement la sécurité alimentaire.
La présence de ces coopératives a ainsi donné une illustration concrète des enjeux évoqués lors des interventions officielles : renforcer la production locale, soutenir les femmes rurales et favoriser des systèmes alimentaires plus inclusifs. Elle a également permis de mettre en évidence le lien entre les initiatives de soutien aux moyens de subsistance et les efforts visant à améliorer l’alimentation des enfants dans les établissements scolaires.
La cérémonie a également été marquée par l’intervention du maire de Covè, Auguste Aïhunhin, qui a souhaité la bienvenue aux participants et plaidé pour des investissements susceptibles d’accroître les capacités agricoles de sa commune. Il a notamment évoqué l’extension des périmètres rizicoles, la réhabilitation des aménagements hydroagricoles et la mise en place d’infrastructures adaptées à la conservation et à la commercialisation des produits maraîchers.
Pour sa part, le préfet du Zou, Laurent Zomaï, a insisté sur l’urgence d’adapter les pratiques agricoles aux changements climatiques et de préserver les ressources naturelles pour assurer durablement la sécurité alimentaire.
En lançant officiellement la célébration, le ministre de l’Agriculture, Adin Yéton Bouclounon Goubalan, a présenté la vision gouvernementale « Bénin Vert 2033 », qui met notamment l’accent sur l’innovation agricole, la maîtrise de l’eau, l’amélioration des semences, la restauration des sols et l’accompagnement des producteurs. Il a également souligné l’importance d’investir dans les femmes agricultrices et annoncé le renforcement des mécanismes de protection sociale en faveur des acteurs du secteur.
À Covè, cette 46ᵉ Journée mondiale de l’alimentation aura ainsi permis de rappeler que la lutte contre la faim ne repose pas uniquement sur les volumes produits. Elle dépend aussi de la capacité à rendre les aliments accessibles, à soutenir ceux qui les produisent et les transforment, et à garantir aux femmes les moyens de jouer pleinement leur rôle dans le développement agricole. Un enjeu auquel le PAM entend continuer de contribuer, aux côtés du gouvernement béninois et de ses partenaires.
Abbas TITILOLA
beninnews.bj, l’information autrement.

Aminatou Sar, Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Bénin