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Adjagbo : le Royaume de la CASH ouvre un nouveau chapitre de transmission du savoir ancestral

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Le premier « Grand Rassemblement des Ancestraliens » s’est tenu ce dimanche 6 septembre au palais royal du Royaume de la Congrégation Ancestrale Spirituelle Haïtienne (RCASH), à Adjagbo, dans la commune d’Abomey-Calavi. Entre paroles, chants, libations et gestes rituels, le Roi Fifa a livré un message centré sur la mémoire, l’identité et la nécessité de transmettre aux jeunes générations les connaissances héritées des ancêtres.

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À Adjagbo, ce dimanche après-midi, l’heure était à la reconnexion avec les ancêtres. À partir de 14 heures, le palais royal du Royaume de la CASH a accueilli la première édition du « Grand Rassemblement des Ancestraliens ». La rencontre, annoncée quelques jours plus tôt, a mêlé enseignement, échanges et pratiques rituelles autour du vodun et de la tradition ancestrale.

Prenant la parole devant les participants, le Roi Fifa a d’abord replacé ce rassemblement dans une histoire qui dépasse les frontières du Bénin. Il a rappelé le parcours des Africains déportés vers Haïti, venus de différentes régions et appartenant à plusieurs communautés. Privés de véritables moments pour eux, ils auraient notamment profité du dimanche, pendant que les colons se rendaient à l’église, pour se retrouver.

Ces rencontres leur auraient permis de communiquer malgré la diversité des langues et des origines, mais aussi de rapprocher leurs différentes traditions et leurs pratiques du vodun. Pour le Roi Fifa, cette solidarité a participé à la construction d’une force collective qui a contribué à l’indépendance d’Haïti. « L’indépendance, ça ne se donne pas, ça se prend », a-t-il notamment lancé.

« Nos ancêtres n’étaient pas des démons »

Le message du souverain s’est ensuite concentré sur la transmission. Il a invité les participants, particulièrement les jeunes, à ne pas considérer les croyances de leurs parents et grands-parents comme des pratiques dépassées ou mauvaises.

« Vos ancêtres, leurs croyances n’étaient pas des démons », a-t-il insisté, appelant chacun à redécouvrir la valeur des connaissances anciennes. Il a cité notamment le savoir lié aux plantes et aux feuilles, rappelant que les générations précédentes connaissaient leurs usages pour soigner certains maux.

Le Roi Fifa a également livré un témoignage personnel sur son rapport aux disparus. Ses parents étant décédés, il explique continuer à leur parler lorsqu’il traverse certaines difficultés. Pour lui, cette relation avec les ancêtres constitue une forme de continuité affective et spirituelle.

Il précise toutefois que son message n’est pas un appel au rejet des autres religions. Il s’agit plutôt, dit-il, de ne pas effacer son propre héritage pour adopter celui des autres.

Penser, parler et agir en harmonie

Dans la conception du vodun présentée au cours de cette rencontre, trois dimensions doivent rester liées : la pensée, la parole et l’action. Une personne qui affirme aimer son prochain doit donc, selon le Roi Fifa, faire en sorte que ses actes correspondent à ses paroles.

Il a également insisté sur la connaissance de soi. Trois principes doivent guider cette démarche : se connaître, s’accepter et s’imposer. Se connaître pour comprendre ses origines et son identité, s’accepter pour assumer ce que l’on est et s’imposer pour trouver sa place avec dignité.

Le souverain a aussi expliqué sa propre manière de rechercher une connexion avec le Créateur. Plutôt que de chercher cette relation dans un lieu particulier, il dit se tourner vers la nature, notamment sous un arbre, dans le silence. « Je ne peux pas vous dire ce qu’est Dieu, vous devez l’expérimenter vous-même », a-t-il déclaré.

L’eau, les offrandes et la croix ancestrale

La partie rituelle de la cérémonie a donné une dimension concrète à ces enseignements. Une libation d’eau a notamment été effectuée en direction des ancêtres, avec une invocation adressée aux ascendants connus et inconnus, issus des lignées maternelle et paternelle.

Du café, de la nourriture, du maïs soufflé et des arachides grillées ont également été utilisés lors des différents moments de la cérémonie. Des chants et quelques pas de danse ont accompagné les gestes rituels. Du sodabi a également été présenté pour invoquer les esprits.

Les participants ont ensuite été invités à s’approcher de la croix ancestrale, présentée comme un symbole réunissant les ancêtres. Chacun pouvait y déposer un peu d’eau, dans un geste de respect et de communion avec la mémoire ancestrale.

Pour le Royaume de la CASH, cette première édition ouvre une série de rencontres appelées à se tenir chaque dimanche à 14 heures. Le rendez-vous veut installer progressivement un cadre où l’histoire, la spiritualité et les savoirs ancestraux peuvent être racontés et transmis, avec une attention particulière portée aux générations montantes.

beninnews.bj, l’information autrement.

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