Les autorités de l’État de Lagos, au Nigeria, veulent mettre fin aux violences sexuelles dans le mariage. Elles ont notamment rappelé aux hommes qu’un époux ne peut pas imposer des rapports sexuels à sa femme lorsque celle-ci exprime clairement son refus. L’avertissement a été lancé par le directeur des poursuites publiques du ministère de la Justice de Lagos, Dr Babajide Martins, à l’occasion du lancement du Mois de sensibilisation aux violences domestiques et sexuelles dans l’État. Au cours de cette campagne, le responsable judiciaire a été interrogé sur les recours dont dispose une femme mariée lorsqu’elle est contrainte d’avoir des relations sexuelles par son époux. Il a expliqué que, même si le droit nigérian ne reconnaît pas explicitement le « viol conjugal », certaines dispositions de la législation de Lagos peuvent permettre de poursuivre l’auteur des faits.
Pour Babajide Martins, l’agression sexuelle par pénétration constitue notamment une infraction passible d’une peine pouvant aller jusqu’à la réclusion à perpétuité. Cette disposition pourrait être invoquée lorsqu’un homme contraint son épouse à avoir des rapports sexuels malgré son refus. « Le mari ne peut pas la forcer », a rappelé le directeur des poursuites publiques, soulignant ainsi que le mariage ne saurait être considéré comme un consentement permanent aux relations sexuelles.
La dot ne donne aucun droit sur le corps de l’épouse
Le responsable judiciaire a également rejeté une autre croyance selon laquelle le paiement de la dot conférerait au mari un droit sur son épouse. Pour les autorités de Lagos, aucune tradition ou obligation matrimoniale ne peut justifier le recours à la contrainte sexuelle. Les femmes victimes de violences sont ainsi encouragées à signaler les faits auprès de l’Agence de Lutte contre les Violences Domestiques et Sexuelles de Lagos. Cette démarche doit permettre aux autorités d’enquêter et, lorsque les éléments sont réunis, d’engager les poursuites appropriées.
À travers le Mois de sensibilisation aux violences domestiques et sexuelles, l’État de Lagos entend renforcer la connaissance des droits des victimes et des mécanismes de protection disponibles. Le message porté par les autorités judiciaires est clair : le mariage ne signifie pas que l’un des conjoints renonce à son droit au consentement. Un refus doit être respecté, y compris au sein du couple.
Amac Roland SIKO
beninnews.bj, l’information autrement.
