
Face à une situation sécuritaire critique et à la veille d’échéances politiques majeures, le pouvoir exécutif de Abuja accorde une hausse salariale significative aux 250 000 effectifs des forces armées.
Le gouvernement nigérian s’apprête à revoir à la hausse le traitement financier de son personnel militaire à compter du mois de septembre. Cette mesure portera le budget annuel consacré aux soldes à 924 milliards de nairas (soit environ 600 millions d’euros), contre un peu plus de 400 millions d’euros dans l’enveloppe précédente.
Le plan d’ajustement salarial applique une grille différenciée selon l’échelon hiérarchique : les officiers généraux bénéficieront d’une augmentation de 30 %, tandis que les grades intermédiaires, allant des colonels aux sous-officiers supérieurs, percevront une hausse de 50 %. Les troupes du bas de la hiérarchie dont le revenu mensuel avoisinait jusqu’alors 100 000 nairas verront leur solde quasiment doubler.
Améliorer le moral des troupes en première ligne
Cette revalorisation intervient dans un contexte de forte pression opérationnelle pour les forces armées. L’armée nigériane reste fortement sollicitée dans les régions septentrionales du pays, confrontées à la recrudescence des raids de bandes criminelles et aux actions de groupes djihadistes, illustrées par de récents enlèvements de masse.
Qualifiée par la hiérarchie militaire d’encouragement décisif pour le moral des troupes, la décision s’inscrit également dans un calendrier politique stratégique, à l’approche du scrutin présidentiel prévu en début d’année prochaine, où le chef de l’État Bola Ahmed Tinubu sollicitera un nouveau mandat.
Réponse aux revendications statutaires et budgétaires
Historiquement figurant parmi les moins bien rémunérés du continent africain, les soldats du pays attendaient l’application des dispositions prévues par la législation sur la révision des soldes votée en 2025.
Le Sénat avait formellement demandé l’intégration de ces crédits dans le budget de l’exercice 2026, soutenue par les réclamations récentes d’associations de militaires retraités. Cependant, cette revalorisation ravive les débats sur la structure des dépenses de défense.
Selon plusieurs études sectorielles, les charges de personnel absorbent actuellement près des trois quarts des ressources allouées à la défense, limitant la marge de manœuvre budgétaire consacrée à la modernisation des équipements matériels.
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