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« Je n’en suis pas demandeur, c’est la Constitution » : Yayi revient sur sa décision et confirme sa présence au Sénat

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C’est un revirement qui ne passe pas inaperçu dans le paysage politique béninois. Boni Yayi, qui s’était pourtant opposé à la création du Sénat et avait annoncé qu’il n’y siégerait pas, vient finalement de changer de position. L’ancien président entend désormais exercer son droit de sénateur, au nom de la Constitution.

Dans un message adressé à ses compatriotes, Boni Yayi explique que sa position a évolué en raison des changements intervenus dans le contexte national. Il estime désormais que le Sénat pourrait constituer un espace de dialogue politique dans un contexte où les cadres d’échanges se sont considérablement réduits.

« Après mûre réflexion, il apparaît dès lors que le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple », écrit-il.

Ce changement de position ne manquera certainement pas de susciter des réactions. Celui qui refusait hier de siéger au Sénat choisit finalement d’y prendre place. De quoi relancer le débat autour de cette institution et alimenter une question : Patrice Talon avait-il finalement vu juste ?

« Je compte exercer mon droit de sénateur afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune. Je n’en suis pas demandeur, c’est la Constitution », précise Boni Yayi.

Lire ci-dessous l’intégralité de sa déclaration 👇

Mes chers compatriotes,

Au moment où le projet de loi portant révision de la Constitution et instituant le Sénat a été introduit, et avant même son examen par la Commission des lois de l’Assemblée nationale, j’avais publiquement fait connaître ma position, en indiquant clairement que je n’envisageais pas de siéger au sein de cette institution, pour les raisons que j’avais alors exposées.

​La loi a été votée et promulguée. Depuis lors, le contexte national a considérablement évolué et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Notre pays fait face à de nouvelles réalités institutionnelles, notamment la mise en place d’un Parlement monocolore.

Les cadres de dialogue politique sont devenus quasi inexistants voire considérablement réduits, alors même que notre démocratie a plus que jamais besoin d’espaces d’échanges et de débats.

Chers compatriotes,

Je partage les préoccupations du peuple quant à la nécessaire décrispation de la vie politique, à travers la prise en compte des priorités qui ont toujours été les miennes, à savoir : le respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales incompatible avec l’existence de prisonniers et d’exilés politiques, le renforcement des acquis de l’unité nationale, la sécurité, la défense du territoire, le dialogue, la démocratie et la paix.

Je vous rassure : je connais vos aspirations fondées sur la justice, la démocratie , le pain et la paix.

Je resterai fidèle à vos valeurs qui ont toujours guidé mon engagement politique.

C’est pourquoi, après mûre réflexion, il apparaît dès lors que le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple.

Mes Très chers compatriotes,

En vertu de l’article 113-3 de la constitution, je compte exercer mon droit de sénateur afin d’œuvrer pour l’idéal de notre patrie commune. Je n’en suis pas demandeur, c’est la constitution.

Je m’efforcerai avec mes collègues à faire du Sénat un vase d’honneur pour les intérêts du peuple.

Continuons de prier pour notre pays et d’œuvrer pour la paix, la justice, la sécurité et la démocratie.

Union de prières.
Dieu bénisse le Bénin !

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