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Cameroun : Inquiétudes et débats juridiques autour de l’absence prolongée du chef de l’État

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Cela fait désormais plus de six semaines que le chef de l’État camerounais, Paul Biya, a quitté le territoire national pour ce qui avait été officiellement annoncé comme une courte visite privée en Europe.

Alors que les semaines s’écoulent sans apparition publique du dirigeant de 93 ans, le climat politique de la capitale s’alourdit, laissant place à une vague de spéculations sur sa capacité à gouverner et sur la gestion des affaires publiques.

Sur le plan institutionnel, la présidence maintient une activité apparente en publiant régulièrement des messages protocolaires signés du chef de l’État, des télégrammes de félicitations adressés à des dirigeants étrangers lors de leurs fêtes nationales.

Cependant, ce mode de communication minimaliste peine à éteindre les interrogations qui traversent l’opinion publique et la classe politique.

Face à ce silence, les figures de l’opposition ont décidé d’interpeller directement les institutions :

Saisine du Conseil constitutionnel : Certains élus de l’opposition, à l’instar du député Jean-Michel Nintcheu, demandent formellement aux juges constitutionnels de se prononcer sur l’état du pouvoir et de déclarer la vacance présidentielle.

Appel à des réformes institutionnelles : D’autres formations politiques, comme l’Union démocratique du Cameroun (UDC), mettent l’accent sur la continuité de l’État. Sans trancher d’emblée sur l’état de santé du président, l’UDC souligne le flou juridique entourant les absences prolongées du chef de l’État, rappelant qu’aucun vice-président n’a été désigné pour assurer un intérim formel. Le parti plaide ainsi pour un encadrement légal strict des déplacements présidentiels à l’étranger.

Sur le plan juridique, la situation expose un vide normatif : la Constitution camerounaise ne fixe aucun délai précis au-delà duquel l’éloignement physique du président hors du pays constituerait automatiquement une vacance du pouvoir, ce qui laisse le Conseil constitutionnel face à une appréciation complexe.

Du côté du pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) rejette catégoriquement les accusations de vacance du pouvoir ou de dérive institutionnelle.

Dans les colonnes de la presse du parti, les cadres de la majorité dénoncent une tentative d’instrumentalisation de la part de l’opposition, affirmant que l’appareil d’État continue de fonctionner normalement et que la direction du pays reste pleinement assurée.

Alors que les appels à la transparence se multiplient, cette situation remet au centre du débat la question cruciale de la gouvernance et des mécanismes de transition au Cameroun.

beninnews.bj, l’information autrement.

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