Le procès des détenus de la crise post-électorale au Cameroun s’est poursuivi ce jeudi 13 août 2026 devant le tribunal militaire de Yaoundé. Au total, 66 personnes sont concernées par les deux dossiers examinés lors de cette audience. Elles avaient été arrêtées dans le contexte des manifestations survenues après l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, officiellement remportée par Paul Biya. Les prévenus sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment propagation de fausses nouvelles, rébellion, attroupement et défaut de carte nationale d’identité. Les débats ont essentiellement porté sur les circonstances de leur arrestation et sur leur éventuelle participation aux manifestations.

Mais après plusieurs mois passés en détention, la lassitude commence à se faire sentir. Certains détenus sont incarcérés depuis près de dix mois et s’inquiètent de la lenteur de la procédure. Pour Maître Ndam, avocat membre du collectif de défense, leur impatience est compréhensible. Il estime que certains pourraient passer près d’un an derrière les barreaux avant même que leur situation judiciaire ne soit définitivement tranchée.
La défense avait pourtant obtenu la répartition des dossiers en plusieurs groupes, dans l’objectif d’accélérer leur examen par plusieurs juges. Malgré cela, le rythme des audiences ne permet pas encore, selon les avocats, de réduire suffisamment les délais. « On aurait fait une audience par mois, avec au moins 20 personnes entendues par jour, que ce serait déjà fini », déplore Maître Ndam.
L’audience du 13 août a toutefois permis d’entendre l’ensemble des détenus présents, malgré les difficultés liées à la barrière linguistique. Les avocats présentent cette étape comme une avancée dans la procédure.
Le tribunal militaire de Yaoundé a finalement renvoyé l’affaire au 10 septembre 2026. Cette prochaine audience sera consacrée aux réquisitions du ministère public et aux plaidoiries des avocats de la défense.
Amac R. SIKO
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