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En amical contre l’Argentine : le Bénin déjoue les pronostics et impose le respect au Monumental

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8-0, 10-0, voire 20-0. Voilà, entre autres, ce qu’affichaient les pronostics avant cette rencontre, tant l’Argentine semblait promise à une promenade de santé. Il fallait pourtant compter avec ces Béninois décidés à ne pas jouer les simples figurants dans la grande fête organisée pour Lionel Messi.

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Les Béninois étaient à deux doigts de gâcher la fête du dernier match de Messi avec l’Albiceleste. Durant les 45 premières minutes, les Guépards ont fait rayonner le drapeau béninois tambour battant dans le ciel argentin.

Le nom de Marcel Dandjinou restera certainement gravé dans les annales de cette soirée. Le gardien béninois a défié Messi sur plusieurs actions, multipliant les arrêts qui ont fini par faire douter l’Argentine. Dès la 7e minute, il repousse une première frappe de la Pulga. Puis, à la 26e minute, il s’interpose encore sur un coup franc de Messi. Quelques minutes plus tard, il est une nouvelle fois sur la trajectoire d’une tentative de l’Argentin. Messi insiste. Dandjinou résiste.

Même le public du Monumental a dû se demander ce qui se passait réellement.

Et si le Bénin était venu gâcher la grande fête offerte à Messi ? Et si cette première période sans but devait finalement transformer la soirée d’adieu en soirée de doute ? Qu’allaient afficher les journaux argentins au petit matin de ce mercredi ? C’étaient, entre autres, les questions qui traversaient les esprits.

Il fallait essuyer la honte, certainement.

Car en face, les Béninois ne tremblaient pas. Ils jouaient. Ils couraient. Ils défendaient. Et surtout, ils se créaient eux aussi des occasions. À la 43e minute, Aiyegun Tosin obligeait même Emiliano Martínez à intervenir sur une frappe. Quelques instants plus tard, Julián Álvarez pensait pouvoir prendre Dandjinou à défaut, mais le gardien béninois s’interposait encore.

0-0 à la pause.

Supporters béninois que nous étions, cette première période avait fini par installer une étrange sensation. On y croyait désormais. Les Guépards avaient tenu bon pendant 45 minutes et, surtout, ils avaient montré qu’ils n’étaient pas venus à Buenos Aires pour faire de la figuration. Il fallait maintenant tenir, résister encore et peut-être continuer à croire à l’impossible.

Au retour des vestiaires, les Argentins ont changé de mine. Ils ont accéléré, multiplié les offensives et mis davantage de pression sur la défense béninoise. Le doute de la première période semblait avoir laissé place à une volonté claire : reprendre le contrôle de la rencontre et mettre fin à la résistance des Guépards.

Et puis, à la 48e minute, le but tant attendu arriva au bout du suspense. Lionel Messi dépose un corner sur la tête de Nicolás Otamendi. 1-0. Le Monumental pouvait enfin laisser éclater sa joie.

La fête pouvait enfin commencer…

Mais je m’abstiens de passer sous silence ce qui aurait pu changer le cours de l’histoire. Les Béninois ont eu leurs possibilités. Tosin notamment, mais aussi d’autres situations qui auraient pu permettre aux Guépards de faire trembler le Monumental.

La pression argentine finit par payer une nouvelle fois. Sur une passe de Messi, Nico Paz surgit et inscrit le deuxième but de l’Albiceleste. Le Bénin résistait encore, mais la mission devenait de plus en plus compliquée.

Le Bénin résistait encore, mais la mission devenait de plus en plus compliquée.

Puis vint ce penalty accordé à l’Argentine après une faute de Tamimou Ouorou dans la surface. Discutable à mes yeux, mais accordé. Messi s’avance.

Le monde entier retient son souffle.

Dandjinou face à Messi.

Cette fois, le gardien béninois ne peut rien faire. Messi inscrit le troisième but et s’offre, lui aussi, le moment que tout le Monumental attendait.

Même son dernier coup franc aura encore fait retenir le souffle du stade. On attendait la magie. On espérait peut-être une dernière merveille de la Pulga. Mais le ballon n’a pas trouvé le chemin des filets.

L’Argentine s’impose finalement 3-0.

Messi, lui, n’a malheureusement pas souri comme on aurait pu l’imaginer. Satisfaction du devoir accompli ? Insatisfaction malgré la victoire ? Ou simplement l’émotion de quitter une sélection à laquelle il a tant donné ? Difficile de le dire. Après plus de vingt ans sous le maillot argentin, difficile aussi de résumer un tel moment en un simple sourire.

Autre image forte de cette soirée : un joueur béninois, sous le coup de l’émotion, a voulu immortaliser l’instant avec Messi, mais sa demande de photo n’a pas abouti.

C’est aussi cela, le football. Des rêves, des émotions, des déceptions et des souvenirs que l’on garde longtemps.

Non, le Bénin n’a pas remporté cette rencontre.

Mais il a fait quelque chose que beaucoup ne lui accordaient pas avant le coup d’envoi : il a résisté, il a inquiété, il a osé et il a imposé le respect sur les terres argentines.

Le monde entier a vu.

Et dans cette nuit dédiée à Messi, les Guépards ont, eux aussi, écrit une petite page de leur histoire.

Abbas TITILOLA

beninnews.bj, l’information autrement.

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