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Sénégal : la session extraordinaire du Parlement ravive les tensions entre Sonko et Diomaye Faye

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La rentrée parlementaire s’annonce particulièrement politique au Sénégal. Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a lancé lundi 10 août 2026 la première session extraordinaire de l’année, avec un programme qui remet au premier plan les divergences entre son camp et celui du président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

Pendant quinze jours, les députés doivent examiner cinq textes de loi. Deux propositions portées par la majorité Pastef seront étudiées selon une procédure accélérée, donnant une dimension politique importante à cette session.

La déclaration de patrimoine au cœur des débats

Le Pastef souhaite notamment relancer la modification de l’article 37 de la Constitution. Le texte prévoittrait que le président de la République soit tenu de déclarer son patrimoine à la fin de son mandat, en plus de la déclaration effectuée au début de son exercice. Cette disposition avait déjà été intégrée à une précédente révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale à la fin du mois de juin.

Le Conseil constitutionnel avait toutefois invalidé cette réforme, constituant un revers pour la majorité parlementaire dirigée par Ousmane Sonko. La nouvelle initiative remet donc le sujet au centre des débats et pourrait une nouvelle fois opposer les deux pôles du pouvoir sénégalais.

Les « fonds secrets » toujours source de tensions

Le second texte défendu par le Pastef concerne les crédits spéciaux attribués à la présidence de la République et à la Primature. Ces enveloppes, souvent désignées sous le terme de « fonds secrets », font depuis plusieurs mois l’objet de débats sur leur contrôle et leur transparence.

La proposition vise notamment à renforcer la surveillance parlementaire de ces crédits, avec la possibilité de confier leur suivi à une commission restreinte de députés. Cette question est particulièrement sensible dans les relations entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye. Le désaccord autour de la gestion de ces ressources avait contribué à détériorer leurs relations et à accentuer les fractures apparues au sommet de l’État.

Pour le politologue Moussa Diaw, de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, cette offensive parlementaire traduit la volonté du Pastef d’obtenir davantage de garanties sur la gestion du pouvoir et les finances publiques.

Trois projets gouvernementaux également au programme

La session extraordinaire ne sera toutefois pas consacrée uniquement aux querelles politiques. Trois projets de loi présentés par le gouvernement figurent également à l’ordre du jour. Les députés devront notamment examiner le nouveau Code de la sécurité sociale et le Code du travail. Un projet consacré à la sécurité numérique est également prévu, dans un contexte marqué par la multiplication des cyberattaques contre des institutions sénégalaises.

Depuis octobre 2025, trois institutions publiques ont notamment été ciblées par des attaques informatiques, faisant de la protection des infrastructures numériques un enjeu croissant pour les autorités.

Avec ces cinq textes à examiner en deux semaines, la session extraordinaire s’annonce donc déterminante à la fois sur le plan institutionnel, économique et politique. Elle pourrait surtout offrir un nouvel aperçu de l’état des relations entre le président de l’Assemblée nationale et le chef de l’État.

beninnews.bj, l’information autrement

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