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RDC : le transfert de 15 détenus ne suffit pas à dissiper les tensions entre Kinshasa et l’AFC/M23

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Le transfert de quinze détenus vers l’AFC/M23 constitue une première avancée concrète dans la mise en œuvre du processus de Doha, mais il n’a pas permis de lever les principales divergences entre les deux camps.

Alors que le Qatar et les États-Unis ont salué cette opération comme un geste de confiance, les désaccords persistent sur l’identité des personnes libérées, les modalités du transfert et la question de la réciprocité.

L’AFC/M23 conteste notamment la composition du groupe remis à ses représentants. Selon le mouvement, seuls neuf des quinze prisonniers transférés figuraient sur la liste de 768 personnes communiquée dans le cadre des négociations.

Les six autres ne correspondraient pas aux noms officiellement transmis à la médiation. Parmi ces derniers, l’AFC/M23 affirme qu’un détenu serait de nationalité ougandaise et sans affiliation avec le mouvement. Les cinq autres auraient été arrêtés dans différentes régions de la RDC, notamment au Katanga, en Ituri et à Kinshasa.

Cette controverse illustre les difficultés rencontrées depuis plusieurs mois pour établir une liste commune des détenus concernés par le processus. En avril, les chiffres avancés étaient déjà différents : 311 personnes liées à l’AFC/M23 avaient alors été identifiées dans les établissements pénitentiaires contrôlés par Kinshasa, tandis que 166 détenus relevant du camp gouvernemental figuraient parmi les personnes détenues par la rébellion.

Le désaccord porte aussi sur l’itinéraire

Les modalités du transfert font également l’objet de contestations. L’AFC/M23 soutient qu’un itinéraire précis avait été convenu pour l’acheminement des détenus : Kinshasa, Entebbe, Kisoro, puis Bunagana.

Le dispositif finalement mis en place a été différent. Les quinze prisonniers ont d’abord quitté Beni avant d’être confiés au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), puis conduits à travers le territoire ougandais jusqu’à leur destination. À leur arrivée, ils ont été accueillis par Benjamin Mbonimpa, secrétaire exécutif de l’AFC/M23.

Pour le mouvement rebelle, cette différence constitue un manquement aux modalités arrêtées lors des discussions. Kinshasa, ainsi que les médiateurs et partenaires internationaux impliqués dans le processus, mettent plutôt en avant le caractère effectif de la première opération et son importance pour la poursuite du dialogue.

La question de la réciprocité reste entière

Au delà de ce premier transfert, la principale difficulté demeure celle des libérations réciproques. L’AFC/M23 affirme avoir déjà identifié et remis à disposition plusieurs milliers de militaires et combattants appartenant au camp gouvernemental. Les discussions précédentes avaient notamment porté sur un groupe estimé entre 2 000 et 3 000 militaires.

Pour l’heure, aucune nouvelle opération d’échange n’a été officiellement annoncée. L’AFC/M23 demande désormais l’établissement d’une liste actualisée des détenus ainsi qu’un calendrier précis pour les prochaines étapes.

Le CICR rappelle de son côté qu’il ne peut organiser un nouveau transfert qu’après l’obtention d’un accord clair entre les parties. La première opération constitue donc une avancée, mais elle ne règle pas les désaccords de fond qui continuent de fragiliser la mise en œuvre du processus de Doha.

beninnews.bj, l’information autrement.

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