Après le carême, attention aux excès : les spécialistes alertent sur les risques d’une reprise brutale de l’alimentation
Après plusieurs semaines consacrées au jeûne, à la prière et au recueillement spirituel, la reprise d’une alimentation normale constitue une étape délicate pour l’organisme. Les spécialistes de la santé appellent à une transition progressive afin d’éviter les déséquilibres digestifs et les complications liées à une reprise trop brutale des habitudes alimentaires.
Au Bénin, où les fortes chaleurs accentuent les risques de déshydratation, médecins et nutritionnistes insistent particulièrement sur l’importance de la réhydratation et du contrôle des portions alimentaires dans les jours qui suivent le carême. Selon le biologiste médical Azael Ladeyo, le corps subit plusieurs adaptations pendant la période de jeûne. L’organisme fonctionne différemment, les habitudes digestives changent et les réserves hydriques peuvent diminuer, surtout dans un contexte climatique chaud comme celui du Bénin.
Le spécialiste explique ainsi que la reprise alimentaire doit se faire étape par étape afin de permettre au système digestif de retrouver progressivement son rythme habituel .« Après une longue période de jeûne, il est déconseillé de reprendre immédiatement des repas très lourds, gras ou excessivement sucrés. Le corps a besoin d’un temps d’adaptation », souligne-t-il.
Il recommande avant tout une bonne hydratation, avec une consommation régulière d’eau en petites quantités tout au long de la journée, plutôt qu’une absorption massive et rapide. Cette méthode permettrait à l’organisme de mieux se rééquilibrer après plusieurs semaines de restriction alimentaire. Le biologiste met également en garde contre l’abus de boissons gazeuses et très sucrées souvent consommées pendant les périodes festives suivant le carême. Selon lui, ces boissons peuvent provoquer des inconforts digestifs, favoriser les ballonnements et perturber davantage l’équilibre de l’organisme.
À l’inverse, il encourage la consommation de boissons naturelles comme l’eau de coco, reconnue pour ses propriétés hydratantes et sa richesse en minéraux essentiels. « L’eau de coco peut contribuer à une réhydratation naturelle grâce à sa composition riche en électrolytes », explique-t-il.
Le spécialiste insiste par ailleurs sur l’importance d’écouter les réactions du corps durant cette phase de transition alimentaire. Des signes comme les brûlures d’estomac, les nausées, les lourdeurs digestives ou les ballonnements peuvent indiquer que la reprise a été trop rapide ou inadaptée. Pour éviter ces désagréments, il recommande de privilégier des aliments locaux faciles à digérer, notamment les bouillies, les légumes, les fruits frais et les repas peu gras.
De son côté, la spécialiste en nutrition Edith Deguenon rappelle qu’une reprise alimentaire désordonnée peut entraîner fatigue, inconfort digestif et troubles métaboliques. Selon elle, certaines personnes commettent l’erreur de vouloir compenser immédiatement les privations du jeûne en consommant de grandes quantités de nourriture. Une pratique qu’elle déconseille fortement. « Il est préférable de réintroduire progressivement les différents groupes d’aliments afin de permettre à l’organisme de s’adapter sans stress », affirme-t-elle.
La nutritionniste recommande notamment de commencer par des repas légers et équilibrés, riches en fibres, vitamines et protéines, tout en limitant les excès de fritures, de produits industriels et d’aliments trop épicés. Elle souligne également l’importance de maintenir une alimentation équilibrée même après le carême afin d’éviter les coups de fatigue et les troubles digestifs.
Pour les spécialistes, la période post-carême doit donc être marquée par la modération, l’hydratation et l’équilibre alimentaire. Une reprise progressive permet non seulement de préserver la santé digestive, mais aussi de prolonger les bienfaits physiques du jeûne sur l’organisme.
Amac Roland SIKO
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