De Porto-Novo à la conquête du monde, voici la petite histoire du charpentier à l’origine de cette Église

Née à Porto-Novo, au Bénin, le 29 septembre 1947, l’Église du Christianisme Céleste célèbre ce mardi ses 79 ans d’existence. Elle a été fondée par Samuel Biléhou Joseph Oshoffa, alors charpentier et commerçant de bois. Selon l’histoire officielle de l’Église, sa vocation religieuse est née à la suite d’expériences spirituelles vécues en 1947, avant qu’il ne commence sa mission de prédication.

À l’époque, rien ne prédestinait cet homme de Porto-Novo à devenir le fondateur d’une Église appelée à s’étendre bien au-delà des frontières du Bénin. Oshoffa travaillait comme charpentier et se rendait également en forêt pour rechercher du bois d’ébène. C’est au cours de cette période, selon le récit transmis par l’Église, qu’une série d’événements spirituels va bouleverser sa vie.
En mai 1947, alors qu’il se trouvait dans une forêt du Dahomey, il aurait vécu une expérience particulière lors d’une éclipse solaire. L’histoire officielle rapporte qu’il passa ensuite 40 jours et 40 nuits dans la solitude et la prière. À son retour à Porto-Novo, il entreprit progressivement une mission de prédication.
Le 29 septembre 1947, une nouvelle expérience spirituelle vécue alors qu’il priait marque, selon l’Église, le début officiel du Christianisme Céleste. Oshoffa commence alors sa mission, d’abord presque seul. Mais autour de lui, les fidèles se rassemblent progressivement. Le mouvement prend de l’ampleur au Bénin, puis au Nigeria, avant de gagner plusieurs autres pays africains et, plus tard, des communautés de la diaspora.
Une disparition qui marque l’histoire de l’Église
Près de quatre décennies après la naissance de son œuvre, le fondateur connaît une fin tragique. Le 1er septembre 1985, Samuel Oshoffa est victime d’un grave accident de la circulation sur la route Lagos-Ibadan. Transporté à Lagos pour recevoir des soins, il décède finalement le 10 septembre 1985, à l’âge de 76 ans.
Sa disparition ouvre une nouvelle page, beaucoup plus difficile, de l’histoire de l’Église. Après la mort de son fondateur, le Christianisme Céleste connaît des divisions, des rivalités et des crises de gouvernance, avec l’émergence de plusieurs courants.
Ces dernières années, des efforts ont toutefois été engagés pour rapprocher les différentes composantes. Le 26 avril 2025, à Cotonou, les 15 membres du Conseil supérieur de transition ont été officiellement installés. Cette structure a notamment pour mission de travailler à la restructuration de l’Église, au rétablissement de l’harmonie entre ses différentes branches et à la préparation d’une gouvernance plus consensuelle.
De la forêt où il travaillait le bois d’ébène aux milliers de fidèles qui se réclament aujourd’hui de son héritage, 79 ans ont passé. L’histoire du Christianisme Céleste reste intimement liée à celle de cet homme : un charpentier de Porto-Novo dont la vie a pris, en 1947, une direction que lui-même présentait comme une mission divine.
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