L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté mercredi 11 mars 2026 une réforme du code pénal visant à renforcer les sanctions liées aux relations entre personnes de même sexe. Le texte a été approuvé par 135 députés, sans vote contre et avec trois abstentions.
Portée par le pouvoir dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, cette réforme modifie un dispositif déjà présent dans la législation sénégalaise depuis les années 1960.
La nouvelle loi prévoit désormais des peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison et une amende maximale de 10 millions de francs CFA pour les actes qualifiés de « contre nature ». Auparavant, les sanctions variaient entre un et cinq ans d’emprisonnement, assorties d’amendes pouvant atteindre 1,5 million de francs CFA. Le texte précise également que les juges ne pourront ni accorder de sursis ni prononcer une peine inférieure au minimum prévu.
La réforme introduit en outre de nouvelles infractions. La promotion, l’apologie ou le financement de l’homosexualité peuvent désormais entraîner des poursuites pénales, avec des peines allant de trois à sept ans d’emprisonnement.
Avant l’adoption du texte, plusieurs manifestations ont eu lieu à Dakar, où des groupes opposés à l’homosexualité ont organisé des rassemblements. Dans le même temps, des organisations de défense des droits humains ont signalé une hausse des arrestations liées à des accusations d’« actes contre nature ».
Cette réforme s’inscrit dans une dynamique observée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, où certains États envisagent ou adoptent des lois renforçant la répression des relations entre personnes de même sexe. Des ONG redoutent toutefois que ces mesures accentuent les tensions et la stigmatisation envers les personnes LGBT.
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