Le Meilleur de lInformation

Sommet de l’AES à Bamako : un retard lourd de symboles pour Ibrahim Traoré

0 950

Arrivé avec vingt-quatre heures de décalage à Bamako, le capitaine Ibrahim Traoré a finalement pris part, ce mardi 23 décembre, au deuxième sommet des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES). Officiellement, rien d’alarmant. Politiquement, ce retard n’est pas anodin.
Attendu dès le lundi aux côtés de ses homologues malien et nigérien, le président de la transition burkinabè n’a rejoint la capitale malienne que dans la matinée de mardi. Son avion militaire s’est posé vers 8 heures, heure locale. Sur le tarmac, l’accueil est protocolaire et cordial : poignées de main, sourires et photo officielle avec le général Assimi Goïta, hôte du sommet.
Mais en coulisses, ce décalage d’agenda est interprété comme le reflet de discussions sensibles au sein du trio sahélien. À l’heure où l’AES cherche à consolider son architecture politique, militaire et diplomatique, les divergences de rythme et de priorités entre Bamako, Ouagadougou et Niamey restent palpables.
Ce sommet, censé afficher l’unité et la cohésion des trois régimes issus de transitions militaires, se tient dans un contexte régional tendu, marqué par des défis sécuritaires persistants et des repositionnements stratégiques majeurs. Dans ce cadre, chaque geste compte — y compris l’heure d’arrivée d’un chef d’État.
Si l’image officielle renvoie à une alliance soudée, le retard « calculé » d’Ibrahim Traoré rappelle que l’AES demeure une construction politique en cours, traversée par des équilibres fragiles et des négociations permanentes.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Verified by MonsterInsights