La réforme élargit également les sanctions financières, criminalise l’homosexualité et durcit les règles de circulation (détails)
Le Burkina Faso durcit son arsenal juridique. Lors du Conseil des ministres du 4 décembre 2025, le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré a adopté un projet de nouveau code pénal marqué par plusieurs mesures fortes : le rétablissement de la peine de mort, un durcissement des sanctions contre la corruption, la criminalisation de certaines pratiques sociales, ainsi que la hausse des peines pour les infractions routières.
La peine capitale, abolie en 2018, pourra désormais s’appliquer dans les cas de haute trahison, terrorisme, espionnage et autres crimes jugés particulièrement graves. Les autorités y voient une réponse à la situation sécuritaire nationale et aux attentes d’une partie de la population.
Le texte introduit également une disposition très commentée : la criminalisation de la promotion ou de pratiques assimilées à l’homosexualité, un ajout qui s’inscrit dans la volonté du gouvernement de réguler strictement certains comportements considérés comme contraires aux « valeurs sociales ».
Sur le plan économique, le code pénal se montre particulièrement sévère contre les crimes financiers. Tout détournement supérieur à 5 milliards de FCFA peut désormais entraîner une peine de prison à vie. Cette réforme vise à discipliner les hauts dirigeants et à mettre fin à la mainmise de certains responsables sur les ressources publiques, une mesure largement approuvée par la population.
Autre volet important du texte : le durcissement des sanctions en matière de circulation routière. « 90 à 95 % des accidents mortels au Burkina Faso sont dus au comportement des usagers », a rappelé Gilbert Ouedraogo, porte-parole du gouvernement. Les peines sont donc revues à la hausse pour réduire le nombre d’accidents, souvent dramatiques.
Le nouveau code pénal introduit enfin le travail d’intérêt général, rehausse les amendes minimales à 500 000 FCFA et renforce plusieurs sanctions liées à la corruption et à la sécurité publique.
Avec ces réformes, le régime de transition affiche clairement sa volonté de sévérité, d’ordre public et d’exemplarité dans la gestion de l’État.
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